#NZ1 – L’Histoire de la Nouvelle-Zélande

Partons à la découverte de la Nouvelle Zélande, ce voisin situé à deux mille kilomètres des côtes australiennes. C’est certainement une des puissances économiques les plus isolées au monde, et son histoire est étonnante. La Nouvelle-Zélande est en effet l’un des derniers territoires à avoir été peuplé. On estime l’arrivée des Maori, le peuple polynésien, sur les côtes du Nord aux alentours du Xème siècle. Certains spécialistes avanceraient quant à eux une arrivée entre 1250 et 1350. L’arrivée des colons européens s’est faite plus tard et nous verrons que l’Histoire de ce pays vierge s’est façonnée d’une manière originale.

NZ Glacier Franz Fox Track

Les premiers hommes : les Maoris

Les premiers habitants de l’Île du Nord puis de l’Île du Sud, sont les Maoris qui sont arrivés en waka, une pirogue de fortune. Ce peuple d’origine polynésienne s’est très vite accaparé l’espace vierge et y a développé un système social tribal : les tribus (iwi) elles-mêmes divisés en clans (hapu) qui peuvent se disputer et se combattre. La règle de coopération n’est pas à négliger car en cas d’hostilité lancée par un autre iwi, les hapu pouvaient unir les armes et se lancer à l’assaut de l’affront. Le sentiment d’appartenance est jusqu’à aujourd’hui une part importante de la structuration sociale de la communauté Maori : on porte un intérêt particulier au whanau (la parentèle ou le lien du sang). Ce sont les Maori qui introduiront le chien et le rat polynésien, et d’autres plantes à cultiver au coeur de ces deux principales îles.

D’ailleurs, pour la petite histoire, il n’existait pas de mammifères en Nouvelle-Zélande avant l’arrivée des premiers hommes car effectivement le continent néozélandais est un fragment du supercontinent Gondwana qui s’est détaché avant l’apparition des premiers mammifères. Les oiseaux qui habitaient la région n’avaient pas à craindre d »éventuels prédateurs et ont peu à peu perdus l’usage de leurs ailes. Des oiseaux qui ne savent pas voler tels que le kiwi, l’emblème national.

L’arrivée des premiers colons européens

Il faudra attendre 1642 pour que les côtes de Nouvelle-Zélande soient approchées par un explorateur hollandais : Abel Tasman. La première rencontre avec la communauté des Maori n’est pas la plus amicale, nous comptons des morts des deux côtés. Abel Tasman quitte le territoire sans avoir posé pied à terre, et il aura fallu attendre un siècle avant la prochaine exploration européenne. Il choisit le nom de Nova Zeelandia en référence à la province hollandaise de Zélande.

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Abel Tasman

James Cook – le même qui avait accosté les côtes australiennes et à qui on doit les premières cartographies des frontières maritimes de l’Australie – arrive en Nouvelle-Zélande en 1769. Son arrivée se fait au même moment que l’expédition du français Jean-François Marie de Surville.

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Carte réalisée par James Cook (1770)

La découverte et les innombrables expéditions étrangères dans la région sont les produits naturels d’un processus impérial du XVI et XVIIè siècle. A l’époque, les grands Etats d’Europe courraient les uns après les autres pour agrandir leurs richesses et leurs territoires. L’Australie a été découverte pour ces raisons, la Nouvelle-Zélande n’y échappe pas. A l’inverse de la colonisation de l’Australie, James Cook va être celui qui mettra les Maoris à échelle quasi égale avec les colons européens. Il présente ainsi les habitants de ce nouveau pays comme « les possesseurs naturels et légaux des terres qu’ils habitent ».

C’est le commerce de la baleine et du phoque, tous deux présents aux larges des côtes néozélandaises qui attire les premières équipées européennes. Un véritable système de troc se met en place dans la région : des matières vitales contre quelques outils, du bois pour réparer les navires… C’est également à la fin du XVIIIè siècle qu’arrivent les premiers missionnaires européens.

Kaka Point Neo Zealand South Island

Et qui dit européens, dit ventes d’armes ! Nous allons hélas nourrir le commerce des mousquets aux différentes tribus maoris et engendrer bon gré mal gré la fameuse Guerre des Mousquets, massacres fomentés par les différentes tribus entre elles qui causeront la mort de plus de vingt mille individus. On s’en lave les mains.

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Haka avec mousquets et armes tribales,

Signature du traité de Waitangi

Jusqu’alors considérée comme partie intégrante du continent australien, la région de Nouvelle-Zélande est rattachée à la colonie de la Nouvelle Galles du Sud. De 1769 à 1840, les expéditions européennes vont se succéder, et il faut dire que la France entretient d’excellentes relations économiques et politiques avec les Maoris, tant est si bien que l’Angleterre décide en 1840 d’accélérer le processus d’intégration coloniale : William Hobson proclame la souveraineté de l’Angleterre sur les terres de Nouvelle-Zélande et signe le 6 février 1840, avec les tribus maoris, le traité de Waitangi. La Nouvelle-Zélande est née.  Un traité bâclé, rédigé à la va-vite et signé par certains chefs claniques sans comprendre un traitre mot. Si le traité reconnaît le droit de propriété aux communautés Maoris, il mdt à disposition également le territoire au peuple britannique. Dès lors, la communauté européenne ne cessera d’augmenter de manière exponentielle : 2000 individus avant le traité à 28 000 en 1852. On fonda la capitale à Wellington, et les autres villes principales : Auckland et Christchurch.

L’afflux massif des européens démarrent dans le courant du XIXème siècle et particulièrement sur l’île du Nord. C’est grâce à la découverte de certaines minues d’or que la région va se développer.

L’envers du pacifisme en terres du Pacifique

Si le traité de Waitanga promettait une reconnaissance de la culture maorie et l’appartenance des terres aux tribus, il est dans les faits très régulièrement violé par une impunité des colons. Cette injustice sociale, distincte des propriétaires nouvellement arrivés sur les terres néozélandaises, provoque peu à peu des combats armés entre les tribus maoris et l’armée anglaise. Les guerres néo-zélandaises (1860-1870), la Guerre du Waikato (1864) déciment peu à peu la communauté maorie et la relèguent au rang de minorités : entre 1840 et 1891, la population passe de 80 000 à 42 000. Les exactions menées lors de ces combats ont entrainé la réintroduction du cannibalisme rituel pourtant disparu plus tôt.

Un joyau autonome

Et quand bien même la Nouvelle-Zélande reste sous l’emprise de l’Empire colonial britannique, elle n’en demeure pas moins un électron libre, autonome et donc indépendant. En 1854, le pays adopte le premier Parlement de Nouvelle-Zélande, qui dirige le pays directement vers un statut d’autonomie partielle. Elle deviendra totalement autonome à la fin du siècle, tandis que le pays développa des mesures politiques et sociétales novatrices :

  • En 1893, les femmes obtiennent le droit de vote
  • Une loi est adoptée visant à améliorer l’arbitrage des conflits sociaux
  • En 1898, une loi introduisant l’épargne retraite est promulguée

C’est à partir de 1907 que la Nouvelle-Zélande devient un Dominion indépendant (le pays deviendra complètement souverain en 1947 lors de la ratification du Statut de Westminster). Le Royaume-Uni n’intervient donc plus sur la politique intérieure mais garde un droit de regard sur les relations extérieures et les questions militaires.

South New Zealand

Toujours proche de la couronne britannique, la Nouvelle Zélande s’investit lors des deux guerres mondiales ou pendant la crise du Canal de Suez…

Une économie dépendante

L’économie de la Nouvelle-Zélande a dû attendre le développement technique de réfrigération pour pouvoir exporter ses produits, viande et lait arrivant en tête. La laine permet également à la fin de la Seconde Guerre Mondiale un essor économique sans précédent et un enrichissement des fermiers locaux. Le mouton est un des animaux majeurs de la Nouvelle-Zélande : on compte trente million de moutons pour quatre millions d’habitants.

Alliée économique de poids du Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande a principalement tourné son économie vers les exportations en direction du pays de l’Union Jack. Quand en 1910, les exportations vers le Royaume-Uni représentaient 84% des exportations totales, elles n’en représentent plus que 6.5% en 1990 suite à l’intégration du Royaume-Uni au sein de la Communauté économique européenne (intégration intervenue en 1973).

Durant les années 1980, les gouvernements travaillistes en place appliquent des politiques ultra-libérales : réduction des dépenses de l’Etat (on abandonne la gratuité de la santé et des études), baisse des impôts ou encore l’interdiction d’abriter des armes nucléaires. Si les gouvernements travaillistes et libéraux se succèdent, la ligne politique reste la même libéraliser l’économie : on restreint le droit de grève, on  allonge le temps de travail et les subventions publiques sont supprimées… D’un point de vue sociétal, la Nouvelle-Zélande fait preuve de tolérance : sur les droits homosexuels, ou sur l’assouplissement des politiques migratoires. Toutefois, ces mesures économiques sont douloureuses et le pays connait un taux de suicide record avec l’un des plus hauts au monde !

Une situation qui semble s’être stabilisée au tournant du XXIème siècle et qui fait aujourd’hui de la Nouvelle-Zélande une puissance internationale prospère et discrète.

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