Le Sanctuaire de Healesville

Impossible de ne pas évoquer la faune australienne quand on arrive dans ce pays-continent plus grand que l’Europe. Et quand bien même nous sommes habitués à côtoyer des vaches et des moutons dans nos prairies françaises, nous sommes toujours un peu circonspects de voir des kangourous, des koalas, des cacatoès, des wombats, des ornithorynques et autres espèces endémiques de l’Australie. Une invitation au voyage rien qu’à l’appellation des quokkas ou des échidnés.

Healesville Sanctuary Melbourne

Si vous voulez avoir un aperçu plutôt complet de la faune locale, le sanctuaire de Healesville est la meilleure adresse. Située à une heure de route de Melbourne, Healesville se trouve aux portes de la Yarra Valley, l’antre mondialement connue pour ses vignobles et grandes maisons viticoles. Donc un plus si vous souhaitez coupler cette balade animalière avec une dégustation ou deux de vins australiens. La route est jolie jusqu’au sanctuaire, et relativement simple à trouver.

Healesville Sanctuary Melbourne

Le sanctuaire date de la fin des années 1920 et fut fondé par le Docteur Colin MacKenzie officiellement en 1934. Ce dernier acheta en effet le terrain à la réserve aborigène des Coranderrk pour y fonder une réserve animalière australienne et veiller à la protection des animaux.

Aujourd’hui, vous pourrez apercevoir des koalas, des wombats, des dingos, des émeus, des kangourous, des wallabies, des diables de Tasmanie, des centaines d’oiseaux tels que le cacatoès noir, le loriquet à tête bleue…

La balade est vraiment agréable, on a l’impression de se balader en nature sur un chemin balisé. Plusieurs parcours sont recréés formant une boucle. Par exemple, vous entrerez par les koalas, puis continuerez vers les kangourous et les wombats pour revenir à la piste principale. Cette balade peut être enrichie par des séances de rapprochement « close-up » avec les koalas, les wombats ou encore les dingos. Nous ne sommes pas vraiment fans de cette option car, selon l’espèce, les gens sont autorisés à les toucher. La fine limite entre le sanctuaire animalier et le zoo où il faut absolument déranger ces pauvres bêtes, les toucher etc…

Les Koalas

Ok. Bon. Il faut être franc, on est restés longtemps dans cet espace. On a commencé notre visite par cet enclos puis on est revenus. On aurait pu passer des heures à les observer. Par chance, la dizaine de koalas qui peuplent le centre étaient en grande forme. Certains nous regardaient incrédules, d’autres sautaient de branche en branche. Un « enrichissement » est également réservé aux visiteurs (et gratuitement) où un soigneur vient introduire l’animal, son mode de vie et l’implication engendré par cet animal très gourmand dans le centre. A Healesville, on abrite dix koalas complètement différents. On tombe amoureux de la petite Dora,  l’une des plus timides de l’enclos. Elle préfère rester seule plutôt qu’être en compagnie de ses congénères. On est émus aussi par le sort de Noojee à la gueule cabossée, il a été découvert petit sur le bas-côté d’une route, percuté par une voiture et fut recueilli par une famille australienne avant d’être transféré à l’hôpital de Healesville.

 

Healesville Sanctuary Melbourne

Saviez-vous par exemple qu’un koala a l’odorat hyper développé? Il peut avec seulement le reniflement d’une feuille d’eucalyptus déterminer son niveau de toxicité et son taux d’humidité. Car non, le koala – contrairement à ce qu’on veut le faire croire et à l’origine du mot « koala » qui signifie « qui ne boit pas » – a besoin d’eau pour survivre. Ils obtiennent leur hydratation nécessaire grâce aux feuilles d’eucalyptus, tout simplement.

C’était vraiment un plaisir de voir ces bêtes d’un peu plus près et nettement plus dynamiques que celles qu’on avait vu jusqu’à maintenant.

Koala Healesville Sanctuary Melbourne

Le koala est un animal qui demande le plus d’espace pour exister. Son terrain de jeu est relativement vaste et c’est pour ça que le koala est de plus en plus en péril depuis l’arrivée de nos amis colons. Les villes se sont construites sur un plan d’étalement urbain effréné et la ville ne connait presque plus de limites.

Saviez-vous également que le koala ne se nourrit exclusivement que de feuilles d’eucalyptus – feuilles toxiques – et qu’il a développé par conséquent l’un des appareils digestifs les plus complexes du règne animal? Car un koala dort beaucoup mais il mange aussi beaucoup. Pour Healesville, il a fallu planter plus de 16 000 arbres à proximité pour sustanter la petite clique. Chacun se voit attribuer cinq branches fraîches par jour, soit 35 par semaine et un peu plus de 1800 annuelles (rien que pour un koala!).

Côté reproduction, le koala donne naissance à un embryon dans l’arbre au bout de quelques dizaines de jours. Avant de devenir ce qu’on appelle un « joey« , l’embryon sera préservé pendant cinq à six mois dans une poche. Avant de le laisser à l’assaut de l’eucalyptus, le joey devra ingurgiter les déjections de sa mère. Cette gelée verte appelée « pap« , riche en bactérie, habituera petit à petit le petit joey à la toxicité des feuilles d’eucalyptus.

Healesville Sanctuary Melbourne

Les Kangourous et autres wallabies

Sauriez-vous faire la différence entre un kangourou et un wallaby? D’ailleurs d’où vient cette différence? Tous deux marsupiaux certes, tous deux avec des poches et pourtant aucune différence scientifique ne vient les départager. Sera considéré comme wallaby, tout marsupial qui a les caractéristiques d’un kangourou mais qui ne sera pas assez grand pour faire partie de cette catégorie. La science a ses limites et ses injustices.

 

Nous entrons dans l’enclos à kangourous et nous tombons nez-à-nez avec ces animaux impressionnants. Quelques petits gabarits et un spécimen robuste et musclé. On fait moins les malins devant ces petites bêtes qui sont capables de tout. Heureusement, le matin où nous y étions, ces derniers avaient plus envie de manger et gambader tranquillement. Nous étions quasiment les seuls privilégiés car nous sommes revenus l’après-midi et le spectacle était différent : plus de monde et des kangourous tous allongés par terre, amorphes…

Dextérité, parfaite acclimatation, on retrouve le kangourou partout! Il sera sur des plateaux désertiques, des sommets rocheux ou encore dans des environnements de forêt pluviale… Le kangourou a un faible besoin en nourriture et n’a pas besoin de se nourrir de plantes quand il est dans le bush sableux par exemple. Lors de disette durable, la mère kangourou peut mettre en pause le développement de son embryon. Enfin, lors de leur repos, le kangourou peut tempérer la température de son sang pour rafraîchir son cerveau. Tout est bien pensé dans le roo.

Healesville Sanctuary Melbourne

Les kangourous c’est mignon mais ici c’est une véritable problématique écologique. En effet, la population des marsupiaux est passée de 7 millions en 2007 à plus de 45 millions en 2016 dopée par une humidité et la prolifération des zones végétales appétissantes pour nos petits et grands roos. Cette explosion démographique a engendré des problèmes sur les cultures réservées aux bétails, et certains évènements de destructions de biens publics ou privés. Si bien que depuis quelques années, certaines voix osent prôner la réduction drastique des animaux à poche.

Des wallabies vraiment partout ? Saviez-vous qu’une colonie de marsupiaux habitait la forêt de Rambouillet depuis la fin des années 1970? Une centaine de ces animaux se sont en effet fait la malle de la Réserve zoologique de Sauvage (Yvelines) et ont survécu aux conditions de vie de la forêt. Un animal vraiment habile, on vous le disait!

Et si les kangourous montaient aux arbres? C’est possible, grâce à son cousin le kangourou arboricole ou dendrolague, qui saute jusqu’à neuf mètres entre les arbres et peut atterrir au sol depuis plus de 18 mètres sans une égratignure. Sa couleur rousse vient des feuilles qu’il apprécie mastiquer à longueur de journée.

 

Les Oiseaux

Plusieurs enclos et serres sont accessibles dans le sanctuaire et pour le plus grand des plaisirs. Des espèces endémiques de l’Australie telles que le loriquet à tête bleue (le nom anglais rend davantage honneur à cet animal : rainbow lorikeet), la cacatoès à tête noir et sa magnifique queue aux teintes rouges et orangées, des perroquets et perruches par centaines et quelques grosses cigognes un peu hargneuses. N’oublions pas non plus l’oiseau-lyre ou ménure à la plume élégante, longue et séduisante qui sait imiter plus de vingt cris d’oiseaux…

Healesville Sanctuary Melbourne

L’observation de ces oiseaux est aussi permise grâce à l’intervention de papis et mamies à la retraite qui sont bénévoles pour le centre. Ils nous donnent quelques graines, l’oiseau monte sur vous, vous griffe (et ça fait mal!) et permet aussi de répondre à vos questions. Un passe-temps qu’on aimerait TOUS faire (sauf les fameux ornithophobes qui ont visionné Les Oiseaux de Hitchcock).

 

Dans un autre enclos, une petite cahute nous permet d’observer les oiseaux à l’aide de jumelles mises à disposition. Une belle idée pour regarder ces oiseaux de plus près et de ne pas les déranger (toujours cette fine frontière de gêne morale sur le concept des réserves-zoos-sanctuaires et l’envie de se documenter). Admirer ces étranges Royal spoonbills (ou oiseaux spatule royaux) nous permet de constater l’étendu de la faune australienne!

Healesville Sanctuary

Les Wombats

Malheureusement c’est la partie la moins intéressante… Le sanctuaire n’a que deux pensionnaires depuis peu, la troisième est décédée la semaine dernière. L’enclos n’est pas très joli car l’animal est un hyperactif, il marche partout, creuse tout le temps. Son principal jeu : creuser des terriers où ils aiment se planquer et couvrir le trou grâce à son incroyable postérieur. D’ailleurs, la peau de son postérieur est idéalement épaisse afin de lutter contre toute tentative d’intrusion par des animaux sauvages, dingos, chiens ou chats errants, diable de Tasmanie etc…

Healesville Sanctuary Melbourne

A l’instar de ses lointains cousins koalas et kangourous, la reproduction des wombats est assez similaire car il met au monde en une trentaine de jours à un embryon qu’il couvera plusieurs mois dans une poche.

Mais ne vous y méprenez pas! Sous ses airs penauds et son allure grassouillette se cache un animal plutôt féroce qui court relativement vite (40 km/h), peut écraser son adversaire par la force de sa mâchoire ou le poids de son séant.

Longtemps considéré comme un nuisible, l’animal est depuis quelques années protégé et les tentatives pour sauvegarder l’espèce sont redoublées. Nous avions vu notre premier spécimen à l’état sauvage à Wilsons Prom et on peut vous dire que le wombat a absolument tout notre attention!

Informations pratiques

Accéder au parc :

  • En voiture : il faudra vous prendre la M3 en direction de Lilydale puis vous arriverez au sanctuaire au bout d’une heure environ (65 kilomètres).
  • En transports en commun : vous pouvez prendre le train jusqu’à la gare de Lilydale puis vous devrez prendre deux bus pour arriver à l’entrée du parc. Un vrai parcours du combattant qui vous prendra au minimum 2h45 par trajet.

Horaires:

Ouvert quotidiennement de 09h00 à 17h00

Tarifs:

Le prix d’entrée pour les adultes est de $36, pour les étudiants $27.5 et c’est gratuit pour les enfants en dessous des 15 ans les week-ends et les jours fériés.

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