48 heures sur la Great Ocean Road

Assez des buildings et de la sur-population ? Marre des gens et envie d’évasion ? Lassé de Melbourne et soif de nature ? On a ce qu’il vous faut : la Great Ocean Road ! Nous avons décidé de quitter la capitale pour 2 jours – 1 nuit, un séjour peut-être trop court mais amplement suffisant pour découvrir les trésors de la Great Ocean Road (ou GOR pour les intimes ou les pros du marketing @Lid).

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Cette route mythique de l’État du Victoria, partant de Torquay jusqu’à Port Fairy, sur près de 250 km est l’un des symboles de l’Australie : une faune riche et exotique, une scénographie paysagère à couper le souffle, THE storytelling pour les backpackers en van. Chaque virage de la célèbre route a une histoire à raconter, chaque vue mérite son arrêt. Vous trouverez tout au long de ces 250 kms,  des plages sauvages où les vagues s’écrasent avec fracas, des routes boisées aux arbres élancés, des vallées douces et pentues.

 

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Un peu d’histoire

La volonté de construire cette mythique route n’a été entreprise qu’à partir de 1919. Jusqu’alors, le trafic des biens et marchandises ne se faisait qu’en bateau. Cette construction était d’ailleurs nécessaire pour le développement économique de L’État du Victoria.

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Les anciens soldats de la Première Guerre Mondiale se sont mis à l’ouvrage avec hargne et courage. Beaucoup d’entre eux étaient traumatisés des stigmates de la guerre, cette route c’était un peu leur droit à la réinsertion par le travail. Quelques milliers d’individus travaillèrent jusqu’en 1932, à raison de 3 kilomètres par mois. Un travail éreintant où quelques uns y perdirent la vie.

Torquay – Anglesea : le début d’une aventure

Nous avions déjà mis un pied dans ce coin, il y a quelques semaines. Nous avions profité des premières chaleurs pour filer à la Bells Beach qui se situe à environ 1h30 de Melbourne. Cette plage se situe entre Torquay et Anglesea, deux petites stations balnéaires australiennes. Entendre par « station balnéaire« , n’importe quelle station balnéaire dans le monde. On se demande toujours ce qu’on peut faire dans ce genre de villes en carton où petites supérettes, cafés bien trop chers et autres petits commerces forment un mini-centre.

Nous comprendrons bien après, mais ces mini-centres sont en fait les seuls lieux de vie à des kilomètres à la ronde. L’Australie, c’est grand (17 fois la France!) et finalement très peu peuplé. Pour comparer nous choisissons Taïwan où nous avons déjà vécu, qui est un poil plus grand que la Belgique :

Pays

Population

Densité

Australie 24.13 millions 3.20 habitants / km²
Taiwan 23.55 millions 639.55 habitants / km²

Donc entre deux villes, en Australie, il n’y a RIEN.

Bells Beach vaut vraiment le détour. C’est la première claque sur la route. Cette plage est connue entre autre pour l’organisation annuelle de la Rip Curl Pro, course de surf. C’est d’ailleurs dans cette région que sont nées les marques Rip Curl et Quicksilver.

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La plage est sauvage et très agréable. Ce n’est pas la plus belle des plages sur la GOR mais elle fait largement l’affaire. Les vagues peuvent être plus ou moins fortes, mais quand nous y étions la mer était calme… et froide ! En effet, la Mer du Détroit de Bass ne fait pas partie des mers les plus chaudes : 13 degrés en octobre, et nous atteindrons difficilement 18.5 – 19 ° en janvier.

Oh My Lorne !

Un arrêt presque obligatoire sur la GOR situé à 30 mns d’Anglesea. La station balnéaire (même topo que plus haut : une plage + un front de mer de boutique en tous genres, terminé bonsoir) offre deux points d’intérêts particuliers :

  • La cascade de Erskine : situées à une dizaine de minutes du centre-ville, par une route boisée et calme où il fait bon de prendre son temps, vous trouverez une spectaculaire chute d’eau de 30 mètres. Quelques marches et vous pourrez apercevoir l’impressionnante cascade. Pour les plus courageux, un escalier descend au pied de la chute. Une balade plus ou moins sportive mais attention aux marches glissantes par temps de pluie!

 

  • Le Teddys Lookout : reprenez la voiture et à une dizaine de kilomètres sur la route vers le sud, vous aurez accès à l’un des plus beaux panoramas côtiers. Le Teddys Lookout donne une vue sur l’embouchure de la rivière George, sur une eau turquoise et une route en lacet en contre-bas.

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Apollo Bay

Reprenez la route pour descendre vers le sud et l’emblématique Apollo Bay. Vous pourrez faire un arrêt à Kenneth River, à mi-chemin entre les deux stations balnéaires. Kenneth River est surtout connu pour la route de koalas et cacatoès derrière le camping-caravaning. Une route où vous pourrez apercevoir quelques boules de poil au cimes des eucalyptus et où les oiseaux pourront se poser sur vous. C’est beau, c’est mignon, c’est tendre, mais un peu gâché par les touristes. Quand nous y étions, des québecois vociféraient. Laissons un peu de tranquillité à ces petites bêtes et tâchons de nous faire tout petit.

Quand nous arrivons à Apollo Bay, nous profitons pour trouver quelque chose à manger. Un bout de pain, du fromage frais et du blanc de poulet. Ça sera insipide mais ça fera largement le job. Nous profitons de la plage d’Apollo Bay, un peu plus fréquentée et très belle. On lit que la communauté d’Apollo Bay regroupe des pêcheurs, des artistes, des musiciens, il y aurait donc dans cette contrée un esprit un peu bohème ?

 

Le Cape Otway

Nous ne l’avons pas fait mais il paraît qu’il y a là un phare au bord d’une falaise. L’accès à ce phare coûte plus de 20 dollars et beaucoup de personnes nous ont déconseillé de faire la balade. Il est très photogénique pourtant ce phare, il a une histoire intéressante car il a été bâti en 1848 par des tailleurs de pierre, sans mortier, ni ciment ! Nous passons notre tour cette fois-ci mais peut-être découvrirons-nous un jour ce colosse blanc.

Le Port Campbell National Park

La route d’Apollo Bay à Port Campbell est incroyable. C’est l’une des plus grandes portions que nous ferons presque sans arrêt. Une heure et demie avec une succession de paysages variés : des plaines à perte de vue aux petites vallées avec moutons brouteurs.

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Les Douze Apôtres

Ce Parc National est connu pour son site emblématique (et touristique!) des Douze Apôtres. Le site est en effet le point d’orgue de la Great Ocean Road. Un peu comme Seguela et son fameux « Si à 50 ans, tu n’as pas de rolex, t’as raté ta vie« , on peut tout à fait transposer cette philosophie aux Douze Apôtres. Le lieu offre un panorama exceptionnel sur les falaises, la mer déchainée et les formations rocheuses. Oui, il y a un peu d’Etretat dans ces lieux. On s’y sent petit et fragile à la vue de ces piteux pitons rocheux rongés par la force des tourbillons marins. On dit qu’il n’y aura bientôt plus rien en ces lieux, et que les visiteurs sont les derniers témoins de la magie des Douze Apôtres. D’ailleurs, il n’y a plus que sept ou huit Apôtres aujourd’hui.

Nous avons eu la chance de voir le lieu à la tombée du jour et au lever du soleil, ces deux moments ont été des pauses de douceur dans notre voyage. Notamment pour la fluidité des couleurs qui changent à chaque minute. Tantôt jaune vif, puis soudainement orange mûr et pourpre sur les derniers rayons ensoleillés. Le matin, l’ambiance est encore plus belle : nous sommes les seuls au monde ! Plus un touriste, plus une âme (chinoise) gênante qui te pousse pour prendre un selfie maladroit. Une sorte de brume enveloppe la plage, les rayons du soleil apparaissent sur le sable. Magique !

 

 

Les Gibson Steps

Situé juste avant son voisin des Douze Apôtres, le lieu mérite son arrêt. On accède à cette plage sauvage à partir des marches (d’où son nom!) qui ont été taillées à la main dans les falaises par Hugh Gibson, propriétaire terrien du XIXè siècle. Celles-ci ont été remplacées depuis par des bonnes marches en béton, une rambarde et tout ce qu’il faut pour mettre ce lieu en tourisme. La plage est belle et idéale pour vos photos matinales. La lumière qui s’y dégage donne un côté assez mystique.

 

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Loch Ard Gorge

Plus au nord, à quelques kilomètres des Douze Apôtres, vous pourrez vous garer facilement sur le parking de Loch Ard Gorge. Les lieux sont tout à fait étonnant : vous descendez les escaliers et arriverez sur un bout de plage recouvert de végétation et au fond des stalactites où les gouttes d’eau claquent à intervalles réguliers. De l’autre côté, une plage ravissante, avec une vue incroyable sur deux avancées de mer. La plage est empreinte de légendes car c’est le lieu où les deux survivants du naufrage du navire Loch Ard ont réussi à rejoindre la rive à la nage.

 

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La balade sur les hauteurs est très intéressante et offre de nombreux points de vue sur la côte accidentée. The Razorback et The Wreck sont deux lieux que vous pourrez rejoindre facilement à pied (des balades de 10 à 15 mns) et que bien évidemment vous nous trouverez pas dans vos guides traditionnels. Il se sent notre scepticisme face aux guides papiers ?

 

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 The Arch

Située à 6 kilomètres de Port Campbell, l’Arche est accessible à partir du parking en quelques minutes. Une majestueuse Arche lutte avec force pour résister à la puissance des vagues. Une plateforme est aménagée pour avoir une vue panoramique sur la côte.

 

London Bridge

Ou plutôt London Arch car le morceau de calcaire qui reliait cette petite île à la terre s’est effondrée en 1990. Pour la petite histoire, lors de son effondrement, deux touristes ont eu la chance de vivre une réclusion forcée sur la plus jeune île du monde avant d’être secouru par les services d’assistance.

 

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Bay of Martyrs – Island

Plusieurs baies se succéderont sur la route pour Warrnambool, toutes offriront un point de vue intéressant. C’est incroyable comme cette côte est écorchée !

 

Poussons plus loin : Tower Hill Reserve

Il faudra encore une heure pour rejoindre la ville de Warrnambool. Ça c’est de la ville ! On arrive par l’autoroute et nous entrons directement sur une zone commerciale (#zoneindusbonjour) et profitons pour nous restaurer. On fait également silence sur notre hamburger terrible qui était pourtant considéré pour certains guides « comme une institution« . La ville n’a aucun intérêt sauf pour les amateurs de baleines entre mai et septembre. Passons vite notre chemin pour filer sur la Tower Hill Reserve.

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Il vous faudra 14 kilomètres pour rejoindre la réserve. Quand vous tournez sur cette route minuscule en pente sèche, vous serez tout de suite frappés par l’incroyable beauté du site. Niché dans le cratère d’un ancien volcan dont l’irruption remonte à 30 000 années, il fut le premier parc national du Victoria en 1892. Célèbre pour sa faune et sa flore, vous pourrez admirer kangourous, koalas, émeus et toutes sortes d’oiseaux.

Plusieurs promenades sont proposées allant de 30 mns à 1 heure. La vue est à couper le souffle. Tout est très calme, en même temps nous ne sommes que deux sur le sentier. Aucun animal sur la route, ce qui est un peu frustrant, à l’exception d’un koala niché en hauteur d’un arbre. Ce n’est qu’en arrivant sur le parking que nous tomberons sur un koala endormi à 2 mètres de nous et deux émeus. Petit conseil si vous comptez vous lancer dans une rando de 1h00 sans eau (#bienouej) et sous 38 degrés : checkez d’abord le parking.

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Sur la route de Melbourne

Il nous faudra près de 3h30 depuis la réserve pour regagner la capitale. La route est peu fréquentée. Il s’agit d’une simple route de campagne, qu’ils considèrent comme une autoroute. On a osé – ou du moins notre GPS s’est permis – se perdre un peu dans l’arrière-pays. Les champs à perte de vue, le coucher de soleil, des allées d’eucalyptus à n’en plus finir … La route a le mérite d’être chouette !

 

GORgeous! 

On a absolument adoré la Great Ocean Road ! Déjà parce que les paysages sont incroyables et diversifiés. La lumière est incomparable à ce qu’on a pour habitude en France. L’intensité des paysages est également forte et marquante. On a apprécié l’aménagement touristique des lieux. On ne s’y fait pas, anciens étudiants en tourisme que nous sommes. L’aménagement est bien pensé, les sentiers sont propres et surtout : GRATUITS ! Quel bonheur de ne pas être essoré comme un billet trempé dans une poche de jean par mauvais temps. Où qu’on soit allés, en Asie ou en Europe, nous devions payer des frais d’entrées, des frais de parkings, des frais de photos (oui, oui, en Indonésie on doit payer une taxe sur les appareils photos-caméras). Nous ne sommes pas contre de payer des frais d’entrée, loin de là ! On apprécie de participer à l’effort de préservation des lieux mais le financement est plus souvent opaque et quand on paie notre accès à une plage souillée d’Indonésie, on peut se demander où va cet argent.

On a un peu moins apprécié l’hébergement sur cette côte touristique. Nous avions pris une chambre dans un motel situé à Princetown, patelin à proximité des 12 Apôtres. Cet établissement qui s’appelait en toute logique, le 12 Apostle Inn, nous a taxé 120 dollars la nuit. Que dire de cet établissement ? Nous n’avions pas de wifi, pas de réception sur notre télévision, pas de lampes, une odeur d’urine dans les toilettes et des traces de moustiques écrasés sur le plafond. Nous sommes arrivés à 21h00, après le fameux coucher de soleil, et notre hôte nous a accueilli avec pour seul bonjour, le montant à régler. Elle nous a sourit et nous a également indiqué que les cuisines étaient fermées. Donc nous nous contenterons de quelques cookies achetés le matin pour notre petit-déjeuner. Bref, un cauchemar qui n’a pas duré longtemps, juste le temps de dormir entre les bruits des voisins et des bêtes qui grattaient contre les murs. On ne veut pas savoir quelles bêtes.

 

L’escapade peut se prolonger plus à l’ouest, pour continuer sur Adélaïde, elle peut aussi prendre un peu plus son temps pour passer une ou deux nuits de plus dans la région. Notre escapade de 48 heures a été bien chargée mais nous avons trouvé le parfait équilibre et on ne s’est pas senti pressés par le temps. Dans tous les cas, c’est à faire et à refaire !

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